Vol d’une bouteille d’eau comme « oeuvre d’art » à plus de 63 000€


Une « oeuvre d’art » rafraîchissante volée en Angleterre

Elle ressemblait à une simple bouteille d’eau, et pourtant c’est une oeuvre d’art, intitulée « Arme de Destruction Massive », qui a été dérobée pendant un festival du Devon (sud de l’Angleterre), probablement par un visiteur assoiffé.

L’oeuvre, une bouteille en plastique remplie de deux litres d’eau dégelée de l’Antarctique, était estimée par son auteur Wayne Hill à 42 500 livres (63 432 euros). Elle prétendait illustrer les dangers du réchauffement climatique.

« Arme de destruction Massive ressemblait à une bouteille d’eau ordinaire », a admis l’artiste, « mais elle était posée sur un socle, étiquetée, répertoriée et inscrite au programme du festival ». « C’était très clair que c’était un oeuvre d’art » a-t-il affirmé.

L’artiste, né aux Etats-Unis et résidant en Grande-Bretagne, a avoué ne pouvoir dire si un visiteur l’avait bue ou non ?

« Personne ne sait ce qui lui est advenu. Elle était là et puis elle a disparu. C’est une oeuvre d’art forte et j’aimerais bien la retrouver. Elle était attendue dans d’autres expositions cette année, elle tournait et s’était déjà forgé une petite réputation », a-t-il regretté.

Article paru dans La Grande Epoque, semaine du 3-9/06/2005.

Lire aussi (en anglais) cet article sur le site News BBC.

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4 commentaires

  1. rechab said,

    15 février 2012 à 1:04

    Toujours au niveau de l’humidité, je rapporte cette anecdote d’une amie, qui accompagnant son petit neveu au musée d’Art contemporain de Lyon, s’est vu refuser l’entrée si l’enfant en question ne déposait pas ses bottes boueuses ( qui, en l’occurence, étaient joliment colorées d’un motif arc-en-ciel)… l’amie obtempère, laissant les bottes dans un coin, à portée de vue de la guichetière, et entreprend la visite… Je ne me rappelle plus si les oeuvres l’ont enthousiasmé, mais seulement du fait suivant, quand elle a voulu récupérer les dites bottes ( la personne au guichet avait changé), ça a été toute une histoire, – pourtant elles avaient séché, entre-temps –

    on a voulu s’assurer que les dites bottes n’étaient pas une « oeuvre »…. il avant de les récupérer (ou de la récupérer, si on parle de l’oeuvre),, il a quand même fallu faire appel au conservateur du dit lieu..

    ce qui en dit long sur la distinction qu’il peut y avoir antre ce qui est au musée, ce qui y entre, et surtout la conscience qu’en ont les gens.

    Et sans bottes autant prendre les « jambes à son cou »

    Moi qui , de ma par ma formation, m’intéresse à tout ce qui est artistique – et pourquoi pas les oeuvres actuelles – je commence à me méfier quand je vois l’étiquette « contemporain », car celle-ci recouvre très souvent une vaste fumisterie, soutenue avec nos deniers évidemment par les pouvoirs publics. La majorité du temps, très prétentieuse pour ce qu’il y a à en conclure et retirer.

    RC

    • 15 février 2012 à 2:39

      Bonjour Rechab et merci pour votre commentaire.

      Il convient en effet de distinguer « contemporain », qui est un label (cela a la prétention de montrer l’art d’aujourd’hui et cela occulte délibérément le vrai art) de ce qu’on pourrit nommer « art actuel » ou « art d’aujourd’hui ». Le label « art contemporain » se résume essentiellement à ce non-art où le blabla, l’autisme symbolique et le refus du sens (pas systématique, certes, certes) prennent le pas sur la mise en oeuvre, le faire et le sens partagé.

      L’histoire des bottes ne me surprend qu’à demi. Personnellement je me souviens avoir été interloqué, voilà déjà un certain temps, au musée des Beaux-Arts de Rennes, par un appareil que je n’avais alors jamais vu et dont je me demandais si c’était de l’art contemporain… En fait c’était un appareil hygrométrique.

      Autre anecdote, qu’il me faudrait retrouver : un employé du ménage dans un musée fait sa tournée du soir habituelle et sort les poubelles. Le lendemain, on s’étonne de la disparition d’une « oeuvre ». Il l’avait sortie. (Etait-ce une poubelle ou était-ce un amas d’objets ? Je ne me souviens plus, mais en tout cas l’anecdote est très vraisemblable.)

      • rechab said,

        15 février 2012 à 3:01

        En fait le problème, c’est qu’est-ce qu’on vient voir dans une expo ?

        Certains artistes ont misé avec bonheur sur le laid, sur la critique de la société ( Arman, justement, avec ses poubelles), ou V Vostell, où son oeuvre est inspirée par la 2è guerrre mondiale… deux atistes que j’estime beaucoup, par ailleurs…

        Est-ce qu’on doit faire à travers ce « parcours » oeuvre critique, historique, sociologique ? pourquoi pas, mais on ne doit pas renoncer à ce qui fait les fondements de l’art.

        Ayant lu ton article sur Duchamp, c’est lui qui a été à l’origine de cette critique sur l’esthétique seule – quui à son époque était effectivement conventionnelle…
        Il ne s’attendait pas à se faire « récupérer » par les institutions, et les artistes suiveurs qui n’ont fait que le plagier…
        La raison pour les premières est très simple, ils se sont tellement fourvoyés, dans le passé – qu’en appelant tout  » art « , le vrai et celui qui le renie, ils étaient comme ça sûrs de ne pas se tromper ..
        Il faudrait que je retrouve un article où j’avais mémorisé la publication du « Livre noir de la peinture » , de par Marie Sallantin et Pierre-Marie Ziegler., les mécanismes qui y sont décrits montrrent effectivement où est-ce qu’on en est.

      • 15 février 2012 à 3:27

        Concernant la terreur de se tromper des institutions (qui va de pair avec le martyrologe Impressionnistes moqués / Van Gogh « suicidé de la société », comme si c’était aussi simple qu’adhérer à la vision d’Artaud / Art dégénéré…), ça ne change rien pour finir, puisque l’institution écarte bel et bien ce qu’elle tient comme appartenant au passé – ce qui est beau, travaillé, qui a un sens accessible et indépendant des blablas. Sur le blog de Nicole Esterolle j’ai lu parmi des courriels qu’elle a reçus, un peintre qui racontait son expérience des Beaux-Arts, où un pauvre naze (sûrement quelque local prophétaillon du non-art) lui disait : mais pourquoi dessines-tu BIEN ? Etc. Le pauvre peintre avait dû mordre sa chique durant toute la formation.

        Sur ce sujet (« ne pas se tromper, ne pas rire »), je vous invite à lire ceci : https://blablartcontempourien.wordpress.com/2012/02/12/louis-hourticq-le-prix-du-snobisme-en-art/

        Cdlmt,

        Blablart.


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