Réédition de pamphlets de 1925 de George Grosz contre les avant-gardes


Voici quelques mois sortait un excellent recueil d’essais sur l’art parus initialement en 1925. Les auteurs ? Des dadaïstes berlinois – c’est-à-dire le groupe le plus politisé du mouvement Dada – de la première heure : le grand peintre George Grosz, l’éminent collagiste John Heartfield, ainsi que le frère de ce dernier Wieland Herzfelde, puis Günther Anders (un essai sur l’art du photomontage). Pamphlets féroces et percutants, ils justifient tout à fait la couverture montrant les auteurs en pugilistes, à la fois souriants et portant des gants de boxe. Plus de 80 ans plus tard, on y trouve une source vive où boire une saine colère. Attention à la dérouillée !

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Raphael Soyer : « le seul art important de notre temps sera fait par les quelques peintres figuratifs qui restent, non pas par les académiciens ‘banals et plats' »


« L’art d’aujourd’hui est dans un état de chaos indescriptible. J’ai exprimé l’opinion que le seul art important de notre temps sera fait par les quelques peintres figuratifs qui restent, non pas par les académiciens ‘banals et plats’, mais par ceux qui font revivre la tradition, la renouvellent ; ceux qui trouvent une façon dynamique, personnelle, actuelle de décrire notre civilisation et notre vie », Raphael Soyer (1899-1987).

Aude Launay, lauréate de la phrase abstruse la plus essoufflante


« En ce 1er novembre 2010, que peut-on encore dire de la peinture si ce n’es qu’elle est une fiction théorique – de par le caractère expansif de son concept – qui semble dorénavant vouée à l’auto-référenciation [Note de Blablart : ce « dorénavant » dure, en fait, depuis un siècle].  L’histoire on ne peut plus chargée de ce medium ainsi que son éternel retour ouvrent un espace de jeu réflexif que les artistes ne cessent d’investir. Les toiles blanches aux motifs répétitifs de Cheyney Thompson ressemblent à des peintures abstraites, mais tenant alors de cette abstraction générationnelle positiviste, dégagée de la spiritualité inhérente au processus de soustraction originel entendu comme purification« , Aude Launay, 02, revue d’art contemporain trimestrielle et gratuite, n°56 (lire l’article complet).

Analysez cette dernière phrase et dégagez-en les idées-clés. Vous avez trois heures.

Cheyney Thompson Chronochrome set 4, 2010. Huile sur toile, 190.5 x 253 cm. Courtesy Sutton Lane, London / Paris. Photo Isabelle Arthuis.

Cheyney Thompson Chronochrome set 4, 2010. Huile sur toile, 190.5 x 253 cm. Courtesy Sutton Lane, London / Paris. Photo Isabelle Arthuis.

Dunoyer de Segonzac : « cette esthétique abstraite dont crève la peinture ».


« Je n’ai pas oublié la période héroïque des indépendants – quand nous étions groupés autour de Paul Signac, du charmant et vaillant Maximilien Luce – dans ces baraques où l’Art vivant et authentique se groupait en dehors des formules académiques – ou des tendances littéraires et systématiques – qui devaient aboutir à cette esthétique abstraite dont crève la peinture », (lettre au peintre Maurice Boitel, dans les années 1950).

Malevitch : « J’ai brisé la frontière de la couleur et j’ai débouché sur du blanc »


Kazimir Malevitch - Carré blanc sur fond blanc, 1918

« Inspiré par le mathématicien et mystique Piotr D. Ouspenski, le peintre russe Kazimir Malevitch cherche à introduire dans le tableau une « quatrième dimension qui permette à l’esprit de pénétrer dans un continuum espace-temps ». Le compositions dites « suprématistes » (parce qu’elles affirment la suprématie de l’abstraction) sont censées constituer une voie d’accès à l’infini et à une réalité au-delà de toute forme. Avec le Carré blanc sur fond blanc de 1918, la teinte qui matérialise l’unité du spectre au-delà des couleurs est emblématiquement favorisée. « J’ai brisé la frontière de la couleur et j’ai débouché sur du blanc », écrit-il », Nadeije Laneyrie-Dagen, Lire la peinture, vol. 1 (éd. Larousse, coll. Reconnaître/Comprendre).

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