Pierre Lamalattie : 121 curriculum vitae pour un tombeau, en roman et en peinture


Fin 2011, simultanément sortait le premier roman du peintre Pierre Lamalattie et se tenait une exposition (jusque janvier) à la galerie Blondel. D’un côté, donc, des peintures figuratives, portraits en bleu-gris présentés comme des CV dans lesquels avec une acuité d’observation et un sens aiguisé de la formule, il croque des stéréotypes humains à hauteur de symptôme. De l’autre, sa prolongation en un roman homonyme, ce cycle de 121 curriculum vitae pour un tombeau est un délice de drôlerie en façon de miroir reflétant la hideur d’une époque corrompue par l’idéologie managériale, empuantie par tous les effluves abjects du libéralisme. C’est peu dire que le roman et l’expo ont une pertinence particulière alors que va s’achever le « moment Sarkozy » qui en fut un concentré nauséeux et dont il est difficile de croire que le prochain mandat va nous débarrasser, malgré l’urgence historique.

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Millie Brown : de l’expressionnisme abstrait peint avec du vomi de colorants alimentaires


Dans une précédente publication, nous avions diffusé une citation de Kandinsky, où il disait notamment que « l’artiste, en général, n’a que peu à dire. Il lui suffit d’une nuance insignifiante pour se faire connaître ». En voilà une autre qui, justement, n’a rien à dire – seulement à vomir. Voilà qui pourrait figurer dans une édition augmentée du De Immundo écrit voilà déjà quelques années par ce grand et respectable homme qu’est Jean Clair. Elle s’appelle donc Millie Brown. Ne nous en demandez pas plus : on s’en tamponne. Son « œuvre maîtresse », du moins son coup de comm’ majeur, c’est le buzz sur ses toiles peintes en vomissant des colorants alimentaires qu’elle vient d’ingurgiter. Le résultat est à peu près aussi nul que du Pollock, rehaussé d’une esthétique proche des films de Matthew Barney et d’un duo lyrique (qui doit bien chanter quelque chose qu’un texte abstrus expliquera être pertinent pour telle ou telle arbitraire raison), et spectaculairement con… comme tout l’art d’avant-garde (puis « art contemporain ») nouillorcais depuis au moins Rauschenberg. Un exemple de la décadence intrinsèque de la prétendue civilisation étasunienne libérale, cette destruction de la culture au nom du principe puéril d’une liberté comme illimitation et comme « je fais ce que je veux ». Elle est loin la liberté d’esprit du siècle de Louis XV et ses hautes réalisations, et plus loin encore la liberté comprise comme autonomie des heures lumineuses de la civilisation grecque.

No comment : Jacques Lizène, artiste de (la) merde


Arts plastiques – Contours au violon bleu – De l’effacement du dessin


Le dessin, ou plutôt le non-dessein du dessin serait le thème de cette exposition curieuse que propose Khédija Hamdi au Violon Bleu, rebaptisé pour la circonstance Violon Bleu Project. Car, c’est de l’effacement du dessin, de sa fragilité, de son caractère éphémère qu’est partie ce jeune commissaire d’expositions pas comme les autres.

«Je travaille sur l’art contemporain conceptuel, minimaliste», dit-elle. Et si ce propos, ainsi énoncé, a l’air complexe, il est en fait, limpide, quand elle explique : «L’idée, c’est de travailler sur le côté fragile du dessin, son aspect éphémère. Et cela n’est pas gratuit, parce que cela me renvoie à notre monde arabe actuel, fragile, instable, qui évolue de manières inattendues, et si différentes…».

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« Il a fait de son anti-exposition le contre-sujet de son œuvre »


Premier d’une probable série d’extraits du roman du peintre Pierre Lamalattie 121 curriculum vitae pour un tombeau, voici un passage où l’auteur se rend à un cours du soir du Jeu de Paume, pour y apprendre la glose et la théorie du non-art. Un délice de drôlerie et d’acuité d’observation.

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