Takashi Murakami, ou la « culture superplate »


« Le fossé entre cultures haute et basse a presque disparu. Dans un sens littéral, on a assisté à l’émergence d’une culture ‘superplate' », Takashi Murakami.

In 100 Contemporary Artists, éd. Taschen, 2011.

Pierre Lamalattie : 121 curriculum vitae pour un tombeau, en roman et en peinture


Fin 2011, simultanément sortait le premier roman du peintre Pierre Lamalattie et se tenait une exposition (jusque janvier) à la galerie Blondel. D’un côté, donc, des peintures figuratives, portraits en bleu-gris présentés comme des CV dans lesquels avec une acuité d’observation et un sens aiguisé de la formule, il croque des stéréotypes humains à hauteur de symptôme. De l’autre, sa prolongation en un roman homonyme, ce cycle de 121 curriculum vitae pour un tombeau est un délice de drôlerie en façon de miroir reflétant la hideur d’une époque corrompue par l’idéologie managériale, empuantie par tous les effluves abjects du libéralisme. C’est peu dire que le roman et l’expo ont une pertinence particulière alors que va s’achever le « moment Sarkozy » qui en fut un concentré nauséeux et dont il est difficile de croire que le prochain mandat va nous débarrasser, malgré l’urgence historique.

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« Il a fait de son anti-exposition le contre-sujet de son œuvre »


Premier d’une probable série d’extraits du roman du peintre Pierre Lamalattie 121 curriculum vitae pour un tombeau, voici un passage où l’auteur se rend à un cours du soir du Jeu de Paume, pour y apprendre la glose et la théorie du non-art. Un délice de drôlerie et d’acuité d’observation.

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Paradoxe du non-art : égalitarisme et aristocratisme


Malgré des discours parfois égalitaires, l’art contemporain promeut une hiérarchie dans la société. Cela peut prétendre que « tout le monde est un artiste » et a, à ce titre, voix au chapitre ; cela peut inviter les individus à intervenir et participer à la soi-disant œuvre dans une logique ludique qui prétend faire du « lien social » : cela est principalement l’invitation à venir dans la tête et le petit monde de l’artiste, dans sa « mythologie personnelle ». L’enjeu n’est pas l’égalité humaine, mais bien la soumission à la loi de l’artiste et du « monde de l’art ».

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L’artiste ? Un grand gosse qui veut faire l’intéressant


Pot doré, de Jean-Pierre Raynaud, naguère encore devant le Centre Georges Pompidou (musée d'art moderne et contemporain de Paris). Cet objet est distinctif de la carrière de Raynaud. Raynaud, c'est le pot, tout comme Manzoni la boîte de merde, Duchamp la pissotière, ou Venet le charbon. Chacun son logo.

Aujourd’hui – mais n’en est-il pas ainsi depuis déjà longtemps ? –, sitôt qu’advient un événement étrange, absurde, stupide et qui surprend la foule, sitôt qu’est posé un objet ni beau ni laid, mais quelconque et si possible imposant dans un lieu inattendu, il est courant d’entendre s’exclamer : « ohf, ça doit être de l’art contemporain ! ».

Le public n’est plus réellement choqué – qu’est-ce qui choque encore ? –, seulement indifférent, sinon lassé des gesticulations et fantaisies d’artistes puérils, régressives, égoïstes.

On dit « ohf, laissez donc, c’est de l’art contemporain », en haussant les sourcils, comme on dit « bah, c’est un enfant » en regardant son gribouillage ou en le voyant faire l’intéressant.

L’artiste n’est souvent qu’un grand gosse qui veut faire l’intéressant et attirer l’attention à lui.

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