Un gang de Blanche-Neige sur le marché de Rouillé


Article du 9 mai 2010, paru sur LeParisien.fr.

Le marché de Rouillé (Vienne) battait son plein vendredi… Il est 10 h 45 quand soudain un hélicoptère blanc, jaune et bleu commence à survoler la commune. Durant quelques minutes, des passants le regardent, intrigués par ces couleurs inhabituelles. Ils sont encore plus étonnés en le voyant se poser au milieu des habitations. Puis ils voient, effarés, surgir de l’appareil des femmes déguisées en Blanche-Neige. Si elles portent jupe jaune, haut bleu, perruque brune et galon rouge, les charmantes répliques de l’héroïne de Disney ont entre les mains… des fusils d’assaut ! Mystère total Avec ces armes, elles circulent entre les étals, au milieu des badauds alors que l’hélicoptère tourne encore dans le ciel. Certains s’affolent, d’autres les ignorent ; la plupart hésitent entre rire ou appréhension. « J’ai cru qu’ils allaient faire un hold-up ! » confiera une passante au journal « Centre Presse » qui rapporte l’histoire. « C’est malin de faire peur à tout le monde comme ça ! » Quelques minutes après leur balade, les belles aux fusils se dispersent et prennent la fuite, sans que personne ne comprenne quoi que ce soit. Aucune revendication n’a été faite, aucun communiqué n’a été diffusé. Le mystère est total, y compris pour la gendarmerie, qui a ouvert une enquête. Malgré tout, les Rullicois n’ont pas à craindre une nouvelle attaque : le gang des Blanche-Neige serait une performance artistique engagée mise en scène par Catherine Baÿ…

 

Vito Acconci : « Seedbed », performance (1972)


Vito Acconci est un « artiste » conceptuel, c’est-à-dire, en somme, un brasseur de néant, comme Lawrence Weiner, Hanne Darboven ou Daniel Buren. C’est en lisant le livre de Daniel Marzona Art contemporain (éd. Taschen, 2005) que j’ai appris l’existence de ce monsieur, ainsi présenté :

Vito Acconci, dans une autre de ses "performances"

« Vito Acconci débute à l’aube des années soixante comme poète et écrivain. Il publie régulièrement ses textes – surtout des poèmes et de la prose courte – dans les revues littéraires. A la fin des années soixante, il s’intéresse progressivement à l’art contemporain. L’art minimal le fascine tout autant que les expériences d’un nouveau genre dans d’autres disciplines artistiques. Stimulé par le climat bouillonnant de la scène culturelle new-yorkaise, il ne se contente bientôt plus de formuler ses idées par écrit, mais se met à les tester dans le cadre de performances, souvent au contact direct du public. Les premiers travaux [parler de « travail » ne manque pas de piquant, pour quelqu’un qui justement refuse de travailler quoi que ce soit et de rien mettre en forme, NDR] d’Acconci ont des thèmes très variés : obsessions subjectives, réflexions sur le rôle de l’artiste dans la société, mécanismes psychologiques, construction sociale de l’identité et rapports entre sphère privée et sphère publique ne constituent qu’une partie des sujets abordés par ses performances et vidéos, le plus souvent de manière directe et confrontationnelle » (page 28).

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