Malevitch : « J’ai brisé la frontière de la couleur et j’ai débouché sur du blanc »


Kazimir Malevitch - Carré blanc sur fond blanc, 1918

« Inspiré par le mathématicien et mystique Piotr D. Ouspenski, le peintre russe Kazimir Malevitch cherche à introduire dans le tableau une « quatrième dimension qui permette à l’esprit de pénétrer dans un continuum espace-temps ». Le compositions dites « suprématistes » (parce qu’elles affirment la suprématie de l’abstraction) sont censées constituer une voie d’accès à l’infini et à une réalité au-delà de toute forme. Avec le Carré blanc sur fond blanc de 1918, la teinte qui matérialise l’unité du spectre au-delà des couleurs est emblématiquement favorisée. « J’ai brisé la frontière de la couleur et j’ai débouché sur du blanc », écrit-il », Nadeije Laneyrie-Dagen, Lire la peinture, vol. 1 (éd. Larousse, coll. Reconnaître/Comprendre).

« Le peintre est un préjugé du passé », Kasimir Malevitch


« Il ne peut plus être question de peinture dans le suprématisme. Il y a longtemps que la peinture a fait son temps, et le peintre est un préjugé du passé », Casimir Malevitch (cité dans L’art du XXe siècle, éd. Taschen, p. 162).

Réédition de pamphlets de 1925 de George Grosz contre les avant-gardes


Voici quelques mois sortait un excellent recueil d’essais sur l’art parus initialement en 1925. Les auteurs ? Des dadaïstes berlinois – c’est-à-dire le groupe le plus politisé du mouvement Dada – de la première heure : le grand peintre George Grosz, l’éminent collagiste John Heartfield, ainsi que le frère de ce dernier Wieland Herzfelde, puis Günther Anders (un essai sur l’art du photomontage). Pamphlets féroces et percutants, ils justifient tout à fait la couverture montrant les auteurs en pugilistes, à la fois souriants et portant des gants de boxe. Plus de 80 ans plus tard, on y trouve une source vive où boire une saine colère. Attention à la dérouillée !

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Pierre Lamalattie : 121 curriculum vitae pour un tombeau, en roman et en peinture


Fin 2011, simultanément sortait le premier roman du peintre Pierre Lamalattie et se tenait une exposition (jusque janvier) à la galerie Blondel. D’un côté, donc, des peintures figuratives, portraits en bleu-gris présentés comme des CV dans lesquels avec une acuité d’observation et un sens aiguisé de la formule, il croque des stéréotypes humains à hauteur de symptôme. De l’autre, sa prolongation en un roman homonyme, ce cycle de 121 curriculum vitae pour un tombeau est un délice de drôlerie en façon de miroir reflétant la hideur d’une époque corrompue par l’idéologie managériale, empuantie par tous les effluves abjects du libéralisme. C’est peu dire que le roman et l’expo ont une pertinence particulière alors que va s’achever le « moment Sarkozy » qui en fut un concentré nauséeux et dont il est difficile de croire que le prochain mandat va nous débarrasser, malgré l’urgence historique.

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Michel Onfray : Faut-il brûler l’art contemporain ?


Rebelle officiel et chouchou de la journaille, voici Michel Onfray. L’homme n’a, certes, pas que de mauvais aspects : son inclination de nietzschéen revendiqué à renverser les idoles est plutôt sympathique alors que la proverbiale « liberté d’expression » se résume souvent à l’expression « libre » des mêmes sottises et lieux communs que le voisin. Mais enfin, on le rangera parfois volontiers parmi ces penseurs médiatiques qui, à la façon de Pangloss de l’ère des mass media, s’échinent à faire savoir à qui-mieux-mieux leur avis sur tout… quand la sagesse ordonnerait de se taire. Exemple avec le double CD de sa niçoise conférence « Faut-il brûler l’art contemporain ? ».

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