Le célèbre collectionneur anglais Charles Saatchi vomit l’art contemporain


Acheter de l’art contemporain? C’est d’un vulgaire! Cet avis n’aurait rien de particulièrement croustillant, s’il n’était émis par le collectionneur anglais Charles Saatchi. Rappelons que ce publicitaire, monsieur Nigella Lawson à la ville, fut le mécène attitré des sulfureux Young British Artists des années 90 (Damien Hirst, Tracey Emin…), et qu’il a été accusé, aussi, de gonfler artificiellement la cote des artistes qu’il collectionne, en les exposant dans sa gargantuesque Saatchi Gallery, espace d’exposition non commercial, pour les revendre à prix fort.

Article d’Elisabeth Franck-Dumas, paru dans Libération, paru le 5 décembre 2011.

Toujours est-il que dans une tribune récente du journal The Guardian, parue en pleine foire Art Basel de Miami, ce même Saatchi a déballé tout son mépris pour les «oligarches modeux… Eurotrash, propriétaires de hedge-funds et vacanciers des Hamptons (destination chic et chère de la Côte Est des Etats-Unis, ndlr)» qui d’après lui forment le contingent fort des acquéreurs du marché. Les galeristes et critiques ne sont pas en reste, les premiers étant dotés d’un «égocentrisme masturbatoire», les seconds préférant exposer de l’art conceptuel avant tout, car ils sont bien en peine d’évaluer une peinture. «Tous ces gens apprécient-ils vraiment l’art? Ou aiment-ils simplement posséder une œuvre de marque, facilement reconnaissable, achetée avec ostentation en salle des ventes, à des prix exorbitants, afin de décorer leurs nombreuses maisons, flottantes et autres, dans une démonstration instantanée de cool et de richesse?» Question pertinente, d’autant plus que certains de ces «gens» ont dû être par le passé (sont toujours?) des acquéreurs d’œuvres mises sur le marché par Saatchi… «Même un narcissique crâneur et intéressé comme moi trouve ce nouveau monde de l’art extrêmement désagréable», conclut-il.

Les réactions ne se sont pas fait attendre. L’artiste Louise Wilson a réagi dans un autre article du quotidien, lui reconnaissant que les œuvres s’apparentent désormais à des objets de marque, et que certains acheteurs ont un raisonnement type «je vais m’acheter un Koons et un Gucci». Mais elle poursuit: «Peut-être que Charles est furieux de ne plus être le principal héraut de la vulgarité?» La question est pertinente.

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