Sacré, profane, ludique (Roger Caillois)


(En pensant à Pollock et à Beuys dont l’orthodoxie, prompte à parler de « chamanisme » des temps modernes, ne réalise pas la vacuité de gestes reliés à aucune cosmogonie, aucune grammaire symbolique et, in fine, aucun sens.)

« Privé du mythe, c’est-à-dire des paroles sacrées qui donnent aux mots et aux œuvres pouvoir sur la réalité, le rite se réduit à un ensemble réglé d’actes désormais inefficaces, à une représentation inoffensive de la cérémonie, à un pur jeu (ludus).

[Inversement,] le mythe sans le rite aboutit au simple jeu de mots (jocus), paroles en l’air sans contenu ni garantie, sans portée. Alors la lutte pour la possession du soleil devient partie de football, et l’énigme probatoire de l’initiation n’est plus qu’un calembour »

In L’Homme et le sacré, Folio/Gallimard. (Cité par Jean Clair, Malaise dans les musées, Café Voltaire/Flammarion).

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