Vito Acconci : « Seedbed », performance (1972)


Vito Acconci est un « artiste » conceptuel, c’est-à-dire, en somme, un brasseur de néant, comme Lawrence Weiner, Hanne Darboven ou Daniel Buren. C’est en lisant le livre de Daniel Marzona Art contemporain (éd. Taschen, 2005) que j’ai appris l’existence de ce monsieur, ainsi présenté :

Vito Acconci, dans une autre de ses "performances"

« Vito Acconci débute à l’aube des années soixante comme poète et écrivain. Il publie régulièrement ses textes – surtout des poèmes et de la prose courte – dans les revues littéraires. A la fin des années soixante, il s’intéresse progressivement à l’art contemporain. L’art minimal le fascine tout autant que les expériences d’un nouveau genre dans d’autres disciplines artistiques. Stimulé par le climat bouillonnant de la scène culturelle new-yorkaise, il ne se contente bientôt plus de formuler ses idées par écrit, mais se met à les tester dans le cadre de performances, souvent au contact direct du public. Les premiers travaux [parler de « travail » ne manque pas de piquant, pour quelqu’un qui justement refuse de travailler quoi que ce soit et de rien mettre en forme, NDR] d’Acconci ont des thèmes très variés : obsessions subjectives, réflexions sur le rôle de l’artiste dans la société, mécanismes psychologiques, construction sociale de l’identité et rapports entre sphère privée et sphère publique ne constituent qu’une partie des sujets abordés par ses performances et vidéos, le plus souvent de manière directe et confrontationnelle » (page 28).

J’ai surtout été arrêté par la trop brève description d’une « performance » (on pourrait aussi bien parler de « gesticulation ») intitulée « Seedbed », exécutée du 15 au 29 janvier 1972 à la galerie Ileana Sonnabend (New York). Il donna là à « l’art » contemporain -et singulièrement conceptuel – une illustration représentative de son caractère narcissique, autistique, masturbatoire (« C’est de la branlette intellectuelle », entends-je dire à son propos). Voici la description (en anglais), que j’ai trouvée sur Wikipedia :

Seedbed is a performance piece first performed by Vito Acconci on 15–29 January 1972 at Sonnabend Gallery in New York.

A low wooden ramp merging with the floor – it extends across the width of the room, beginning two feet up the side of one wall and slanting down to the middle of the floor. Acconci lay hidden underneath the ramp installed at the Sonnabend Gallery, masturbating. The artist’s spoken fantasies about the visitors walking above him were heard through loudspeakers in the gallery.

« In this legendary sculpture/performance Acconci lay beneath a ramp built in the Sonnabend Gallery. Over the course of three weeks, he masturbated eight hours a day while murmuring things like, « You’re pushing your cunt down on my mouth » or « You’re ramming your cock down into my ass. » Not only does the architectural intervention presage much of his subsequent work, but all of Acconci’s fixations converge in this, the spiritual sphincter of his art. In Seedbed Acconci is the producer and the receiver of the work’s pleasure. He is simultaneously public and private, making marks yet leaving little behind, and demonstrating ultra-awareness of his viewer while being in a semi-trance state. » – Jerry Saltz . And although it sounds very graphic from the description the video of the piece itself shows no sexual content; it all is merely suggested

Il est à noter, enfin, que, friand de son propre néant et enclin à la compulsion, l’art contemporain produit souvent des redites, des « citations » référentielles qui n’intéressent, semble-t-il que le petit monde a-u/r-tistique . C’est ce qu’a fait Marina Abramović, lors d’une série de performances données en 2005 au musée Guggenheim (New York) rendant hommage à celles qui l’avaient marquée elle-même en temps que performer, et ainsi à des « artistes » de renom comme Joseph Beuys ou Bruce Nauman, autres héros du non-art. Cela s’appelle « Seven Easy Pieces » (lire la fiche Wikipedia).

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Un commentaire

  1. 6 février 2012 à 4:29

    […] quelle pitrerie est passible du blanc-seing de l’orthodoxie du non-art (lire, par exemple, notre articulet sur ce clown de Vito Acconci), à présent que le potache est un mode parmi d’autres d’art, l’art pouvant bel et bien […]


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